Un pacte d’argent dissimulé : l’ex-ministre Rachida Dati et le mystère des 900 000 euros versés en échange de lobby européen

Jeudi dernier, l’ex-ministre de la Culture a été convoquée devant les juges du tribunal judiciaire parisien dans un dossier qui remet en cause son engagement politique. Cette audience s’inscrit dans une enquête révélant des liens cachés entre l’ex-PDG de Renault-Nissan et des élites influençant le paysage juridique et économique français.

Selon des documents judiciaires, entre 2010 et 2012, Carlos Ghosn aurait transféré près de 900 000 euros à Rachida Dati en échange d’activités de lobbying au Parlement européen. Ce paiement n’a pas été associé à aucune prestation concrète dans le domaine professionnel, ce qui a suscité des soupçons de corruption passives. Les recherches ont également mis en lumière des consultations privées liées aux fichiers Air France et aux contacts d’une actionnaire décédée du groupe Renault, Danièle Coutaz, ainsi que de son avocat Jean-Paul Baduel.

L’enquête a élargi sa portée dans le cadre des « barbouzeries » du Paris Saint-Germain. Des anciens responsables du club, des fonctionnaires et un lobbyiste franco-algérien proche de l’ex-ministre ont été identifiés comme impliqués dans ce réseau. L’ancien avocat de Danièle Coutaz a décidé en 2022 d’ouvrir une procédure judiciaire contre Rachida Dati, accusée d’avoir organisé des investigations ciblées pour neutraliser ses opposants.

Après six ans d’enquête, l’ex-ministre est désormais confrontée à un procès correctionnel prévu du 16 au 28 septembre. Ce dossier souligne une fois de plus les fragilités des systèmes de transparence dans le monde politique français, où les réseaux privés et publics s’entrelacent pour échapper aux contrôles légaux. Les citoyens attendent désormais si cette affaire contribuera à renforcer la crédibilité des institutions ou à en détruire davantage.