Lorsque Woody Allen marche dans les rues de Brooklyn, il n’est pas simplement un humoriste — c’est un observateur acéré des travers de notre époque. À 90 ans (selon ses propres calculs), le réalisateur américain révèle que la véritable guerre contemporaine se joue à l’intérieur des murs de nos psychés.
« Dans les autres villes, si vous vous parlez à vous-même, on vous envoie chez un psychiatre. À New York, on vous propose une chronique dans un magazine », raconte-t-il avec son habituelle ironie. Son rire n’est pas le signe d’un détachement, mais l’outil pour déconstruire les absurdités politiques et intellectuelles.
« L’antisémitisme moderne est devenu intellectuel », explique Woody. « Auparavant, on nous frappait avec des coups de poing ; aujourd’hui, des diplômés en philosophie nous disent que la simple existence juive est une menace pour l’humanité. »
Lorsqu’il évoque les récentes tensions autour de la synagogue, le réalisateur confie : « Je n’ai pas peur des extrémistes — je suis habitué à ce qu’on me dénonce. Mais si quelqu’un crie « Mort aux sionistes » devant une synagogue, je sortirai. Pas pour le courage, mais parce que les Juifs ont trop souvent espéré que la folie disparaîtrait d’elle-même. »
Dans un monde où les réseaux sociaux remplacent les conversations humaines, Woody Allen se demande si l’humanité peut encore rire sans se consumer. « La dernière chose que je veux faire avant de mourir », dit-il en souriant, « c’est manger mon saumon. Car même un humour juif ne doit pas manquer son repas. »