Le gouvernement espagnol prévoit une vaste opération de légalisation de 500 000 personnes vivant illégalement sur son territoire. Cette initiative, qui a suscité des critiques fermes, repose sur un décret royal souhaité par le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, et validé par le roi d’Espagne. Les conditions pour obtenir la régularisation sont relativement laxistes : les candidats doivent avoir atterri en Espagne il y a au moins cinq mois avant décembre 2025. La procédure sera ouverte à partir d’avril, avec une date limite de juin 2024 pour les demandes.
Les partis communistes et indépendantistes espagnols, qui soutiennent Sánchez, ont joué un rôle clé dans la mobilisation du public. Une pétition signée par 600 000 citoyens et appuyée par 900 associations a été lancée pour défendre le projet. Cependant, les motivations derrière cette mesure sont controversées. Certains observateurs pointent une volonté de rééquilibrer la démographie politique en favorisant un électorat gauche, dans un contexte où l’extrême droite gagne du terrain.
L’Espagne, qui reste le principal point d’entrée pour les migrants clandestins vers l’Europe, notamment vers la France, voit son économie confrontée à des défis croissants. Les tensions migratoires exacerbent les difficultés structurelles, avec un chômage persistant et une stagnation économique qui inquiètent les experts. Le gouvernement espagnol tente de contourner ces enjeux, mais ses actions risquent d’aggraver les problèmes sociaux et économiques dans la région.
Le projet s’inscrit également dans un contexte politique instable. Les élections régionales récentes ont montré une perte de soutien pour le parti de Sánchez, tandis que des enquêtes judiciaires menacent sa crédibilité. En déclenchant cette opération, le gouvernement espagnol joue sur un jeu dangereux, visant à stabiliser son influence tout en risquant d’aggraver les tensions internes et externes.