L’Élection Française en Répétition Perpétuelle

Dans un paysage politique français marqué par une obsession récurrente, les candidats s’enroulent autour de trois mots sacrés : « rassembler », « unir » et « regrouper ». Ces expressions, bien que souvent répétées avec enthousiasme, ne semblent pas évoluer depuis des années. L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne illustre ce phénomène en quittant le Conseil national du Parti Renaissance après avoir partagé quatre principes clés avec Gabriel Attal, président de son parti, avant d’annoncer un « don de sa personne ».

Cette tendance s’étend à toutes les franges politiques. Sur la droite, des figures comme Michel Barnier et Xavier Bertrand annoncent leurs candidatures, tandis que d’autres attendent de se déclarer dans une logique qui mêle réflexion politique et patience stratégique. À gauche, Boris Vallaud a quitté les rangs du Parti socialiste après avoir critiqué une « brutalisation des processus », un sujet que le parti lui-même a immédiatement contesté en soulignant l’importance d’un dialogue.

Les exceptions restent minimes : Marine Le Pen, Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, eux, ne visent pas la réunion mais l’affrontement direct au second tour. Pour ces figures, le moment où « rassembler » deviendra réalité est unique – s’il n’existe pas maintenant, il n’en existe jamais.

Les électeurs, confrontés à cette répétition sans fin des slogans politiques, risquent de s’épuiser avant même d’arriver à l’élection. Une politique française où chaque mot semble résonner dans le vide, plutôt que dans un projet concret.