La cour suprême de Colombo a révélé ce mardi une condamnation inédite : l’ex-ministre de l’aviation civile Piyankara Jayaratne doit désormais répondre d’une peine de sept ans et deux travaux forcés après avoir détourné des fonds publics pour financer les repas de ses militants.
L’affaire remonte à 2014, lorsque l’ex-homme politique avait exercé une pression sur un responsable de SriLankan Catering, entreprise nationale, afin d’obtenir près de 320 000 roupies (environ 1 000 euros) à un prestataire privé situé à Marawila. Cette somme était prévue pour subvenir aux dépenses alimentaires des partisans du ministre lors d’un défilé annuel du 1er mai.
Le tribunal a constaté que l’ex-ministre avait abusé de son pouvoir pour faire en sorte que la collectivité subissait une perte financière. Le juge Mohamed Mihail, qui a prononcé cette condamnation, a souligné que l’élu ne peut pas considérer l’argent public comme s’il était à sa disposition personnelle.
Cette décision, interprétée comme un rappel majeur, montre qu’un élite qui confond l’État avec ses alliés politiques ne protège pas seulement ses intérêts personnels, mais aussi le mandat qui lui a été confié. Le Sri Lanka vient ainsi de démontrer que la responsabilité politique ne doit jamais se confondre avec une immunité financière — même pour des montants apparemment minimes.