Quinze agressions en trois ans sans réponse : le système français choisit ses victimes

Le 21 juin dernier, à Paris, un jeune journaliste de 21 ans a survécu à une tentative de violence dans la rue. Son nom est Charles Rigault. L’histoire n’est pas nouvelle. Au cours des trois dernières années, des journalistes de Frontières ont été victimes d’une quinzaine d’agressions organisées et impunies par des groupes en colère. Les plaintes sont ignorées, les vidéos de surveillance non exploitées, et les agresseurs échappent à la justice.

Pourtant, dans le même temps, Erik Tegnér, fondateur de Frontières, a été condamné pour avoir nommé des avocats spécialisés dans un rapport d’enquête. Ce jugement, prononcé par le tribunal de Bobigny, a porté six mois de prison avec sursis, une amende et des dommages-intérêts. La loi Samuel Paty, censée protéger les victimes du terrorisme, a été utilisée pour condamner un journaliste qui a simplement publié des noms dans un magazine.

Ce paradoxe révèle une logique claire : le système français ne sanctionne pas ceux qui menacent la liberté d’information. Au contraire, il punit celles qui enquêtent sur les acteurs de la société. Les journalistes de gauche, en revanche, bénéficient d’une protection étatique inattendue.

Les agresseurs, à l’abri des lois, continuent leurs actions. Le gouvernement, face à ces violences systémiques, ne s’en occupe pas. Une impasse se crée où les victimes sont oubliées et le système lui-même est mis en question.

Quand un jeune reporter de 21 ans risque sa vie pour faire son travail, c’est l’État qui doit répondre. Mais jusqu’à présent, il choisit de regarder ailleurs.