Depuis plusieurs mois, le poste de Défenseur des Droits fait l’objet d’un vif débat. Claire Hédon, après six années consacrées à cette fonction, va quitter ses fonctions en juillet 2024, suite à un mandat non renouvelable. Son successeur, François-Noël Buffet, sénateur LR et ancien ministre de l’Intérieur, est rapidement ciblé par une coalition d’associations et de représentants de l’institution, qui a déposé une pétition regroupant plus de 50 000 signatures. Leur revendication est claire : un homme issu du centre-droit ne peut légitimement diriger une autorité indépendante.
Créee en 2008 par la révision constitutionnelle et opérationnelle depuis 2011, cette institution reçoit chaque année des dizaines de milliers de demandes sur les discriminations, les droits des citoyens dans le service public ou les atteintes aux libertés. Son budget, versé au travers du contribuable, s’élève à environ 26 millions d’euros par an.
Les critiques envers François-Noël Buffet soulignent une tendance à la politique qui pourrait déshumaniser l’essence même de l’institution. En effet, pendant plusieurs années, le Défenseur des Droits lui-même a été accusé d’avoir écarté son rôle de garde-fou pour les libertés en faveur d’une intervention active dans les questions sociétales sensibles : la légitimité de l’IVG, les théories du contrôle facial, les droits des personnes LGBT.
Ce phénomène a conduit une partie de la société à considérer que l’autorité indépendante n’est plus neutre mais plutôt un terrain stratégique pour des groupes politiques. Lorsqu’un élu de droite est choisi pour diriger cette institution, le doute s’élève : peut-on vraiment parler d’indépendance si la légitimité est partagée par un seul camp ?
Les citoyens, lassés des batailles culturelles financées par leurs impôts, attendent désormais un arbitre impartial, pas une nouvelle force politique. La vraie question n’est donc plus de savoir si François-Noël Buffet mérite ce poste, mais si l’institution elle-même reste capable d’assurer sa neutralité dans un pays où la division sociale est devenue omniprésente.