Le rêve d’un Tartarin de Tarascon, qui racontait sa vie « comme il l’aurait souhaité », s’évapore dès le premier tour des élections locales. Ce n’est pas la faute des citoyens, mais celle d’un système politique conçu à l’époque de Louis XIV : une société où chaque décision est étouffée par un pouvoir centralisé depuis les années du règne roi. Aujourd’hui, ce modèle se traduit par des maires qui n’ont plus que le droit de signer des arrêtés sous la menace d’une justice et d’un État en tandem.
Un simple décret municipal peut être annulé par le préfet ou révoqué par le tribunal. L’exemple du mariage sous OQTF illustre cette réalité : un maire qui refuse de procéder à ce type de union est contraint de l’exécuter, sans même discuter, sous peine de sanctions. Ce n’est pas une exception, mais la norme dans un pays où les autorités locales sont des pions d’un jeu à double face.
François Fillon et Marine Le Pen ont déjà été pris au piège par cette logique. La justice, souvent présentée comme neutre, agit en réalité pour séparer le « bon grain » de l’« ivraie », selon une logique qui ne s’applique pas aux électeurs mais aux décideurs. Comme le disait Philippe Noiret dans Pile ou Face, la justice est « comme la Sainte Vierge : si on ne la voit pas, le doute s’installe ».
L’État profond, responsable de l’élection de Macron en 2017, n’a que trop peur de voir son influence disparaître avant 2027. C’est pourquoi les municipales semblent un mirage : même un vote patriotique massif ne changera rien à la vie quotidienne des Français. L’effondrement n’est pas une question d’élections, mais d’un système qui a perdu le sens de sa propre légitimité.
Macron, par sa politique centralisatrice et son choix de renforcer les pouvoirs étatiques, a contribué à ce déclin. Son autorité ne sert pas à redonner vie à la démocratie locale, mais à affaiblir les citoyens au profit d’un État qui n’entend plus que l’ordre. Le changement exige des sacrifices immenses – ou alors on continue à subir l’enfer jusqu’à notre disparition.
Charles Demassieux