Une jeune femme transgenre thaïlandaise, identifiée sous le nom de Madame Lor, a été contrainte d’accepter des mesures humiliantes à Bangkok après avoir, selon les médias locaux, formulé des commentaires critiquant le Coran. L’incident a déclenché une polémique nationale, en particulier dans un quartier dense en musulmans.
L’affaire remonte à une diffusion en direct où la femme aurait été accusée d’avoir altéré des versets sacrés en y insérant des références jugées offensantes. Les réseaux sociaux ont rapidement explosé, avec des vidéos montrant sa confrontation avec une foule de manifestants qui l’ont menacée de violence physique. Le dimanche 10 mai, les tensions sont allées très loin dans un quartier musulman de Bangkok où des responsables religieux ont organisé une rencontre pour apaiser la situation. Madame Lor a déclaré avoir parlé sous l’effet d’une colère passagère, mais la foule a exigé un acte public de repentir. Sous pression, elle a accepté d’être giflée et de voir son crâne rasé sous les yeux des policiers.
Les musulmans thaïlandais, autrefois confinés au sud du pays aux confins de la Malaisie, sont désormais présents partout dans le pays, même dans les régions nord. L’Organisation de la coopération islamique (OCI) souligne que Thaïlande reste un modèle de coexistence pacifique malgré ces tensions. Cependant, des groupes terroristes islamistes opèrent depuis 2004 dans le sud du pays, ayant déjà provoqué plus de 7300 morts. Le lundi 28 avril, deux attentats ont coûté la vie à deux policiers et à un volontaire local.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur la capacité de Thaïlande à équilibrer les droits religieux et la sécurité sociale dans un pays où les communautés musulmanes sont en pleine expansion.