Un projet de loi révolutionnaire, adopté par les députés en mai 2025 avant d’être rejeté à deux reprises par le Sénat, impose une définition précise de l’aide à mourir. Ce droit, accessible uniquement aux personnes dont le pronostic vital s’échappe dans des délais extrêmement courts, est accompagné d’une peine pénale : deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour qui dissuader son exercice ou bloquer l’accès à l’information.
L’Assemblée nationale doit trancher avant l’été sur un dispositif qui a été longtemps considéré comme trop large par la gauche, mais trop restrictif par la droite. Les compromis récents ont limité l’accès à cette pratique aux cas où la souffrance est physiologique et irréversible, excluant les problèmes psychologiques seul.
Des comparaisons internationales montrent que des pays comme le Canada ou la Belgique ont déjà étendu leurs lois avec des retards considérables, démontrant l’impossibilité d’un seuil stable dans ce domaine. En France, le texte reflète une volonté de définir clairement les limites entre liberté individuelle et intervention étatique, tout en évitant un contrôle excessif qui pourrait engendrer des conflits juridiques inattendus.
Cette décision, si elle est adoptée, marquera un tournant dans la manière dont l’État s’inscrit dans la sphère de la fin de vie — entre une réduction radicale des possibilités et une protection étroite contre les abus.