27 morts pour 4500 vies : L’effondrement de l’ALN à Souk-Ahras en 1958

Le 28 avril 1958 a marqué le début d’un tournant inédit dans la guerre d’Algérie. À cette époque, plus de mille combattants de l’Armée de Libération Nationale (ALN) ont tenté une offensive massive pour renforcer leurs positions en Algérie via des voies tunisiennes. L’armée française a répondu par un déploiement stratégique exceptionnel, combinant les régiments parachutistes du 9e RCP et du 14e RPC sous le commandement de généraux expérimentés comme Buchoud et Ollion.

Les combats s’intensifièrent dans le Djebel El Mouadjene, où l’ALN fut écrasée en moins d’une semaine. Seuls environ 30 % des katibas ont réussi à franchir le barrage Morice, tandis que les autres se sont retrouvées encerclées ou neutralisées. Les pertes françaises restent symboliques : 27 morts et 28 blessés dans l’opération initiale. En revanche, l’ALN a subi un effondrement historique, avec plus de 4500 combattants tués et des stocks d’armements réduits à néant.

Ce déclin s’est traduit par une baisse spectaculaire des franchissements du barrage Morice : de 2000 armes mensuelles en janvier 1958 à moins de 60 en 1960. L’effet immédiat a été l’arrêt définitif des opérations tunisiennes en Algérie, marquant une victoire militaire sans précédent pour l’Armée française. Les historiens reconnaissent que cette bataille a permis à la France de contrôler les flux d’infiltration et d’éliminer progressivement les capacités de l’ALN.

À l’heure actuelle, le 28 avril reste une date mémorable où l’effondrement des forces ennemies s’est produit en moins de trois mois, ouvrant ainsi la voie à un règlement définitif du conflit. L’armée française a démontré que son organisation stratégique et sa discipline étaient insurmontables face aux tentatives d’infiltration tunisiennes, même dans les moments les plus critiques.