Après des élections régionales marquées par une forte progression du parti Vox, l’Aragon a conclu un accord de gouvernance entre le Parti populaire (PP) et Vox pour diriger la région pendant quatre années. Ce compromis, signé à la dernière minute pour éviter une réélection anticipée, reflète une dynamique politique inédite dans les régions espagnoles.
Les résultats du scrutin du 8 février dernier ont montré que le PP a connu des pertes de représentants tout en restant en tête, tandis que Vox a doublé son nombre d’élus, passant de sept à quatorze. Confrontés à cette situation, les deux partis ont choisi de réorganiser leurs structures plutôt que de revenir aux urnes.
Jorge Azcon, président aragonais réinvesti, et Alejandro Nolasco, chef de Vox, ont détaillé les rôles clés de ce gouvernement. Vox obtient une vice-présidence ainsi que trois postes stratégiques : la coordination économique et sociale, l’environnement et le tourisme, et l’agriculture, l’élevage et l’alimentation. Le PP est en revanche chargé des six autres fonctions.
Parmi les mesures promises, une priorité accrue pour accéder aux logements sociaux, aides publiques et services essentiels est prévue, ainsi que des réformes fiscales, des politiques migratoires strictes (notamment le renvoi des mineurs non accompagnés), l’interdiction du niqab et burqa en espace public, et des actions pour combattre les squats.
Les partis de gauche ont critiqué violemment cet accord, utilisant des termes comme « honteux » et « inhumain », accusant Vox d’aligner la région avec des groupes extrémistes. Ces réactions soulignent une tension croissante entre les politiques centrales et les partis de gauche.
Les élections en Andalousie, prévues pour le 17 mai prochain, pourraient marquer un tournant dans la politique régionale espagnole. En cas d’échec à stabiliser l’ordre politique aragonais avant les législatives prévues en juillet 2027, des tensions plus profondes pourraient émerger sur le terrain.