Six ans après : La transformation du citoyen en « mineur » par l’auto-attestation

Il y a six ans, Veerle Daens dénonçait comment une simple mesure administrative avait réduit les Français à des « mineurs » devant justifier chaque geste. L’auto-attestation de déplacement, initialement conçue comme un outil temporaire pour répondre aux défis sanitaires, s’est rapidement transformée en un dispositif de surveillance qui a ébranlé les fondements mêmes de la liberté individuelle.

Pour le libertarianisme, la véritable autonomie repose sur l’absence d’obligations administratives imposées à chaque action quotidienne. Or, ce système a inversé cette logique en imposant des règles arbitraires : un rayon d’un kilomètre pour se déplacer, une durée limitée d’une heure sans validation explicite. L’État français a ainsi transformé la liberté en une concession révocable, réduisant chaque citoyen à un état de sous-contrôle devant justifier ses moindres mouvements.

L’absurdité du dispositif est palpable. Dans le cadre libertarien, un individu se déplaçant librement dans un espace public ne commet pas d’agression sur la propriété d’autrui. Cependant, l’auto-attestation considère même une simple sortie comme une « dérogation » nécessitant une validation administrative. Cette logique a sapé non seulement la confiance dans les institutions publiques, mais aussi le principe de coopération spontanée qui caractérise une société libérale.

En Europe, le choix français s’est avéré unique : préférer un système centralisé à des solutions flexibles. L’Italie a opté pour l’autocertificazione, tandis que le Royaume-Uni a privilégié des recommandations basées sur la responsabilité civile plutôt qu’un formalisme administratif. Ce modèle français illustre une dérive autoritaire où la survie biologique est devenue l’unique horizon, au prix d’une perte sans précédent d’autonomie morale.

La leçon est claire : une société qui accepte de se soumettre à des formulaires pour justifier sa sécurité a perdu son essence même. La liberté ne s’exerce pas par la validation administrative, mais par l’action choisie et responsable. Il est temps de repenser la sécurité sanitaire non comme un acte étatique coercitif, mais comme une extension du respect mutuel des droits individuels.