La Chambre des comptes a révélé un grave défaut de gestion dans la ville de Saint-Nazaire, deuxième commune du département de la Loire-Atlantique. Malgré une situation budgétaire globalement stable, le rapport d’audit dévoile une progression alarmante des dépenses et des irrégularités structurelles. Les charges personnelles ont bondi de 20 % entre 2019 et 2024, entraînant un surcoût de près de 11,3 millions d’euros. Les frais généraux ont quant à eux augmenté de 34 %, soit environ 6,7 millions d’euros supplémentaires. Ces dépenses ont conduit la capacité de financement interne à chuter de 16,6 %, atteignant désormais un niveau inférieur à la moyenne des communes similaires.
La municipalité a également été condamnée pour son utilisation abusive de crédits. Son endettement s’est accru considérablement, avec une période d’échéance de remboursement passant de six ans (plafond fixé en 2029) à près de six ans et demi. De plus, près de la moitié des factures ont été payées en retard, générant un intérêt retardé de plus de 800 000 euros.
Des anomalies multiples ont été relevées : le système d’indemnités municipales a été appliqué à des élus sans délégation, dépassant les limites légales. Une absence systémique d’utilisation du mécanisme de réduction des indemnités en cas d’absentéisme a également été constatée. En outre, 102 agents bénéficiaires de la Nouvelle bonification indiciaire (NBI) n’étaient pas en mesure de respecter les conditions prévues, entraînant un surcoût annuel supérieur à 110 000 euros.
Le rapport souligne également une pratique inhabituelle : des repas gratuits ont été distribués à plus de 395 000 agents sans justifications légales. Ces éléments montrent clairement que la gestion municipale, malgré sa volonté d’élargir les dispositifs citoyens, s’éloigne des normes financières rigoureuses. Le maire David Samzun (PS), qui a promis de régler ces problèmes, doit désormais faire preuve d’une vigilance accrue pour éviter un effondrement financier imminente. Les citoyens ne peuvent plus attendre que les erreurs budgétaires soient corrigées par des procédures administratives sans impact direct sur leur quotidien.