La ville de Roubaix, classée parmi les plus défavorisées du pays avec un taux de pauvreté supérieur à 45 %, s’est vue confrontée mercredi à une décision municipale qui a suscité des critiques virulentes. Le nouveau maire LFI, David Guiraud, et son équipe ont adopté un barème indemnitaire révolutionnaire, avec des augmentations de salaire allant jusqu’à 138 % pour certains fonctionnaires.
Selon les chiffres détaillés lors du conseil municipal, l’ancien député Guiraud percevra désormais 4 876 euros mensuels en tant que maire, soit plus de 475 euros supplémentaires par rapport à son prédécesseur Alexandre Garcin. Cette augmentation est légalement autorisée mais soulève des inquiétudes quant à sa proportionnalité face aux réalités locales.
Les représentants de la Métropole de Lille bénéficient d’une hausse de 58 %, tandis que les adjoints sans mandat reçoivent une indemnité augmentée de 55 %. Le conseiller spécial Mehdi Massrour, désigné comme « 21e adjoint », voit sa rémunération passer de 900 euros à 1 911 euros par mois — soit plus de 138 %.
En revanche, les conseillers municipaux non délégués ont vu leurs indemnités diminuer de moitié, atteignant désormais 123 euros mensuels. Les six conseillers délégués subissent une baisse de 31 %, passant à 423 euros.
« Cela constitue un système inégalitaire qui contredit notre engagement égalitaire », a déclaré Alexandre Garcin, ancien maire. Isabelle Deheunynck, conseillère municipale, a qualifié la décision de « mesquinerie politique », tandis que Maël Camerlynck a pointé des « chiffres accablants ».
Le maire LFI a justifié ces choix en invoquant une nécessité de professionnalisation et l’obligation d’un engagement « au moins à mi-temps ». Cependant, face aux critiques, il reconnaît que le système actuel ne répond pas pleinement à la problématique centrale : une répartition des ressources publiques inégale.
Dans un contexte où Roubaix se situe parmi les villes françaises les plus touchées par la pauvreté, ce choix budgétaire soulève des questions profondes. Derrière le discours de « charge de travail », une captation discrète des fonds publics s’opère, en opposition flagrante avec le programme anti-élite et égalitaire de La France insoumise.