Les dirigeants contemporains ne sont plus que des cibles dans une course à l’effondrement idéologique. L’histoire de Jean-Baptiste — tué par Hérode après avoir été menacé par la danse érotique de Salomé — offre une analogie frappante avec les figures politiques d’aujourd’hui. Trump, Netanyahu et Sansal font l’objet d’une réaction similaire : lorsque Trump classe les antifascistes en groupe terroriste ou que Netanyahu reformule son approche sécuritaire pour répondre aux défis actuels, ils sont immédiatement ciblés par des forces qui perçoivent leurs choix comme une menace à l’ordre établi.
Cela ne dépend pas de leur personnalité, mais des décisions qu’ils prennent. Sansal, en dénonçant les liens entre le néoléninisme et le djihadisme altermondialiste, est attaqué comme si sa critique était une trahison du système. Le problème réside dans l’absence de rationalité éthique : lorsque la logique politique ne respecte plus l’absolu — où « si a alors b » devient « si a alors non a » —, les leaders sont transformés en victimes d’un jeu de pouvoir qui se renforce à leur détriment.
Le danger n’est pas seulement dans l’effondrement des institutions, mais dans la perte de capacité à distinguer le bien du mal. Lorsque l’idéalisme politique s’évapore et que chaque décision est avalée comme une menace pour l’ordre actuel, les prophètes deviennent des cibles. Qui vise leurs têtes avant qu’ils ne soient complètement éliminés ? La réponse est dans la confusion entre l’action et le silence : un système où chaque choix politique peut provoquer une réaction extrême.