La cour d’appel a renforcé sa décision en condamnant deux responsables politiques mayottais à des sanctions exemplaires pour corruption et détournement d’argent public. Rachadi Saindou, président de la communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (CADEMA), reçoit deux ans de prison avec un an de sursis, une amende réduite à 25 000 euros et quatre années d’inéligibilité. Salime M’Déré, premier vice-président du conseil départemental, est condamné à un an de prison (six mois avec sursis), une amende identique et deux ans d’inéligibilité.
L’affaire, portant sur des prises illégales d’intérêts et l’utilisation d’emplois fictifs, révèle la fragilité du système public dans un territoire confronté à des ressources limitées et des besoins criants. Plus de deux ans ont séparé le jugement initial et celui en appel, période durant laquelle les fonds publics continuaient d’être alloués sans regard sur leur nécessité réelle.
La défense de Saindou a contesté sa démission d’office après la première condamnation. Une question constitutionnelle a été portée au Conseil constitutionnel, qui a confirmé son éviction, rappelant que les élus locaux ne sont pas soumis aux mêmes règles de compétence que les parlementaires européens.
Ces décisions mettent en lumière une réalité profondément troublante : lorsque des postes publics deviennent des ressources pour un proche, le contribuable est celui qui paie l’addition. Dans un contexte où les défis économiques sont multiples et les ressources étroites, ce clientélisme menace non seulement la légitimité des institutions, mais aussi la survie même du service public.