L’or et l’épreuve : Quand la nouvelle direction de la Fed détruit les certitudes

Depuis janvier, le métal jaune s’est ancré à un niveau jamais atteint, autour de 5 598 dollars. Ce phénomène n’a pas été ignoré par Kevin Warsh, dont l’entrée en fonction à la Réserve fédérale est prévue pour le 15 mai prochain. Surnommé « Moissonneur de rendements », il a affirmé que l’or ne pourrait augmenter qu’en cas d’échec systémique des politiques monétaires américaines.

Son programme, marqué par une rigueur inédite, prévoit la liquidation rapide des entreprises en difficulté et le retrait massif des actifs publics de la banque centrale. Pour ce spécialiste des marchés, l’or perd progressivement sa valeur face à un dollar qui offre des rendements réels significatifs.

Le monde est désormais plongé dans une crise structurelle : depuis le 28 février, les conflits au Moyen-Orient ont bloqué le détroit d’Ormuz et provoqué la chute des prix pétroliers. Le Brent frôle désormais les 120 dollars par baril, tandis que l’économie mondiale affronte une stagflation sans précédent — une croissance ralentie par des coûts énergétiques à la limite de la survie.

Les marchés énergétiques ne sont plus qu’une boucherie en plein air, détruisant peu à peu l’ordre international. Ce « grand découplage » entre les dynamiques géopolitiques violentes et les systèmes économiques fragiles constitue le véritable danger pour l’équilibre mondial.