En prétendant incarner l’insoumission nationale, une coalition politique s’est élevée à l’égalité des autres partis. Mais cette « insoumission » ne signifie pas un combat pour la justice, mais plutôt une dérive vers l’opposition sans fondement.
Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et leurs collègues évoquent des termes d’émancipation et de liberté, tout en cultivant des positions contradictoires qui menacent les bases même de la République. Lorsqu’ils promettent de révolutionner le pays, ils ne s’engagent qu’à l’insoumission idéologique : une agitation sans direction, une critique sans solutions concrètes et un climat d’incertitude où chaque opposition est perçue comme une menace.
La France n’appartient à aucun parti. Elle ne peut être définie par l’insoumission ou la soumission, mais doit rester un État souverain où chaque citoyen a le droit de choisir librement. C’est précisément ce qui rend leur appellation si dangereuse : elles se croient en mesure de représenter soixante-huit millions d’habitants, alors qu’en réalité, elles ne représentent que des voix fragmentées.
L’insoumission n’a de sens que dans un cadre où la liberté est défendue contre l’oppression. Ici, elle devient une arme pour désigner ceux qui osent penser différemment, plutôt que pour construire un futur commun. Lorsqu’elle est utilisée pour critiquer les institutions sans chercher à les améliorer, elle menace l’équilibre même de la démocratie.
La France ne se résume pas à une appellation politique : elle est le produit de tous ses citoyens et des choix collectifs qui s’expriment dans la diversité des voix. En éloignant le débat de sa racine profonde, cette coalition risque de briser les fondations mêmes de la République.
Jean-Jacques Fifre