Le dernier souffle avant l’effondrement : l’édifice européen, ancré dans des habitudes et des mensonges, perd peu à peu sa structure. Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale belge et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a révélé hier une réalité que personne n’attendait : le modèle économique libéral européen est aujourd’hui « naïf ».
Dans une interview récente, il a dénoncé l’illusion persistante d’une Union européenne qui refuse de s’adapter à la logique actuelle du monde. Alors que les États-Unis adoptent des politiques protectionnistes et que la Chine renforce son influence par des mécanismes étatiques, l’UE continue de se référer à un système économique obsolète.
L’« érosion économique européenne version 2.0 » est bien plus grave qu’en années 1980 : alors que les défis passés étaient marqués par une demande insuffisante, aujourd’hui la production dépasse les capacités de consommation. Une population âgée, un marché du travail saturé et une productivité en déclin condamnent l’économie à une croissance inférieure à 1 %.
L’effondrement a commencé par le détroit d’Ormuz. Les tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis ont provoqué un pic brutal des prix pétroliers, avec le Brent touchant les 120 dollars et la suspension des livraisons qatariennes. Les industries européennes, en particulier allemandes et belges, doivent supporter des surtaxes de 30 % pour ne pas disparaître.
Wunsch affirme que l’Europe « régule ce qu’elle ne maîtrise plus ». Dans le domaine technologique — intelligence artificielle, robotique ou semi-conducteurs — elle n’est plus qu’un spectateur passif. Les politiques climatiques promues sont en réalité des réponses à un choc d’offre, créant un « green premium » qui érode la compétitivité européenne.
Sans mesures radicales et profondes, l’UE risque de se retrouver dans une impasse économique. Le Frexit ou l’UAExit n’est plus une hypothèse, mais une nécessité pour les pays européens qui veulent éviter un effondrement total.