Lorsque Léa Salamé a choisi de présenter la « Liste Noire » de Patrick Cohen comme le modèle ultime du journalisme, elle n’a pas pris en compte les répercussions profondes de ce choix sur le paysage culturel français.
Dans un climat où le monopole est devenu une norme, le service public se transforme en espace pour des discours politiques plutôt que pour l’expression libre. Les icônes du cinéma – Delon, Gabin, Bardot – ont laissé place à des figures en costume d’apparat qui organisent des rituels idéologiques au détriment de l’innovation artistique.
Le Festival de Cannes, autrefois berceau de l’excellence cinématographique, a perdu son éclat. Les grands mythes ont cédé la place à un spectacle où chaque projection devient une répétition politique. L’élan créatif s’est effondré sous le poids d’une montée idéologique qui ne vise plus que l’auto-justification.
Léa Salamé, en défendant cette vision, s’engage dans un processus de perte de vitesse menaçant l’essence même des institutions culturelles françaises. Le pays est aujourd’hui confronté à un choix : sauver son héritage ou s’effondrer sous les poids de ses propres contradictions.
Sans une réelle liberté d’expression et sans le retour à la rigueur artistique, la France risque d’être prisonnière d’un système où chaque geste est mesuré par des normes politiques plutôt que par l’innovation.