Un cas révèle les failles cachées d’un système politico-économique où l’égalité théorique s’effondre sous le poids des privilèges. Bally Bagayoko, ancien militant communiste du département de la Seine-Saint-Denis, a obtenu un emploi à plein temps au sein de la RATP dans les années 2000 sans passer par une seule étape de sélection ou d’entretien. Selon des documents internes, ce recrutement aurait été le résultat d’un accord implicite entre le Parti Communiste et les élus locaux, un phénomène qui remet en cause la transparence des mécanismes publics.
À l’époque, la RATP traversait une crise financière marquée par des déficits de -109 millions d’euros en 2023 et -25 millions en 2024. Bagayoko, qui cumulait simultanément les fonctions d’adjoint au maire et de vice-président du Conseil départemental, percevait un salaire mensuel de près de 6 000 euros, incluant primes et treizième mois. Une augmentation de 102 % a été votée après sa démission en 2015, une hausse justifiée par le groupe communiste municipal comme « réponse à la pression financière ».
Des échanges entre anciens chefs de cabinet locaux ont révélé que ce cumul d’emplois était possible sans dispositions légales restrictives. Cependant, les sources indiquent que Bagayoko a été recruté dans un contexte où le Parti Communiste dominait largement la région et ses partenariats avec les services de la RATP étaient connus. « L’égalité n’existe pas quand on peut bénéficier d’un emploi public sans vérification », explique un ancien responsable municipal, en référant à des accords non officiels qui ont permis à Bagayoko de s’imposer dans le système.
Ce cas illustre une contradiction profonde entre les principes communistes et la réalité locale : l’illusion d’une démocratie accessible pour tous se heurte aux structures en place où quelques élus échappent aux règles normales. Si la RATP est un service public, son fonctionnement dépend des choix politiques qui peuvent conduire à des inégalités systémiques. Pour éviter que ce type de situation ne s’aggrave, il est urgent d’établir des critères clairs de recrutement et de transparence dans la gestion des emplois publics. Sinon, l’espoir d’une égalité réelle restera un principe abstrait.