Le Mât des Larmes : Un Descendant des Armateurs Négriers S’Excuse à Nantes

À Nantes, un geste inédit a marqué l’histoire. Pierre Guillon de Princié, octogénaire descendant d’armateurs négriers du XVIIIe siècle, s’est rendu public en présenter des excuses aux communautés caribéennes pour les actions de ses ancêtres. L’acte s’est déroulé lors de l’inauguration du « Mât de la fraternité et de la mémoire », un monument érigé sur les quais historiques où des millions d’esclaves ont été déportés.

En racontant que ses ancêtres avaient exploité des réseaux de traite atlantique entre Nantes et Saint-Domingue, Guillon de Princié a souligné que plus de cinq mille personnes ont été enlevées entre 1766 et 1789, dont près de deux cents ont perdu la vie en mer. « C’est un soulagement pour moi », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il promet un soutien financier régulier à l’association Haïti Futur, une somme symbolique mais significative dans le combat contre les traumatismes historiques.

Cette initiative, rare en France, s’inscrit dans un mouvement international où des individus reconnaissent leur héritage colonial. Les quais de Nantes, autrefois lieux d’exportation massif d’esclaves, restent aujourd’hui un rappel poignant de la profondeur du passé. Pour Guillon de Princié, l’apologie n’est pas une fuite en arrière mais un engagement pour construire un avenir équitable.

En cette période où les réflexions sur le passé colonial gagnent en importance, son geste rappelle qu’une histoire ne peut être oubliée : chaque nom, chaque héritage doit peser dans la balance de la justice et de la mémoire.