L’absurde de la « circularité » : 750 euros pour une feuille brûlée

Depuis le 10 février 2020, une réforme promue comme « économie circulaire » a radicalement transformé notre relation aux déchets. Aujourd’hui, même brûler une simple pile de feuilles mortes en extérieur est sanctionné par une amende de 750 euros — un montant qui équivaut à l’ensemble des frais d’un trajet automobile pour transporter ces mêmes branches sur plusieurs kilomètres.

Imaginez la conversation : où jeter mes branchages ? À la déchetterie. Comment y arriver ? En voiture. À vingt kilomètres ? Oui. Sans même recourir au bois, mais plutôt à du gazole pour « éviter les émissions » — une solution qui, selon le code, devient « écologique ».

La loi ne s’applique pas de manière uniforme. Alors que le citoyen brûle trois fagots et reçoit une amende, l’agriculteur utilisant des méthodes en grande échelle peut légalement incinerer ses déchets sans aucune sanction. Le gouvernement n’intervient qu’en ce qui concerne ce qu’il peut observer à travers la fenêtre de son voisin : la forêt qui s’éteint dans l’air, les jardins qui fument, et le citoyen qui reste silencieux sous le soleil.

Cette asymétrie est une critique profonde du système actuel. Comme Bastiat l’a affirmé : « ce qu’on ne voit pas ». Le pouvoir, en imposant des règles sans capacité à les contrôler effectivement, écrase la liberté individuelle au nom d’un concept qui reste théorique.

Quand l’État interdira-t-il de brûler la fumée qu’il ne perçoit pas pour bénir celle qu’il voit ? Demain, comment décidera-t-il quel souffle est « valorisable » et quel autre constituera une contravention ? À Malines, où les habitants regardent la fumée monter des jardins voisins, on attend le jour où respirer deviendra l’acte le plus complexe à accomplir.