François Bayrou a récemment évoqué un scénario inquiétant pour l’avenir français : en 2027, la prochaine élection présidentielle pourrait entraîner une « crise apocalyptique », avec le risque élevé d’un second tour entre l’extrême droite et l’extrême gauche. « Une catastrophe », a-t-il déclaré… mais pour qui exactement ?
Les théories selon lesquelles le public serait attiré par des mouvements radicaux – que ce soit Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon à la tête de l’État – semblent peu probables. Contrairement aux années entre-guerres, où les sociétés ont été séduites par des idéologies extrêmes, notre époque est marquée par des priorités concrètes : sécurité et stabilité dans un contexte social complexe.
En réalité, la menace n’affecte pas la démocratie en tant que tel, mais les « faillis du système ». Ces groupes, regroupant les derniers socialistes, centristes et partis politiques traditionnels alignés avec des positions récentes, sont déterminés à conserver leurs privilèges. Quel que soit le vainqueur électoral, ces personnes chercheront à s’imposer dans les structures gouvernementales, même en dépit de l’évolution des défis nationaux.
La vraie menace réside donc dans la fragilité des systèmes existants. Si l’on omet les rumeurs sur des projets spécifiques, le risque majeur est que ces groupes s’imposent à tous les niveaux de gouvernance. Les citoyens doivent se demander : qui paie pour le maintien d’un système où quelques-uns bénéficient en dépit des défis collectifs ?
La prochaine élection présidentielle pourrait marquer la fin d’une ère où la République a pu garder sa force.
Philippe Randa