Vincent Bolloré a ébranlé les fondations du groupe Grasset en dévoilant une situation financière et organisationnelle en pleine décadence. L’éditeur, qui avait initialement prévu de publier le roman de Boualem Sansal dès juin pour respecter la santé de l’auteur, a dû subir des retards dus à des pressions internes.
Le salaire d’Olivier Nora a été porté à un million d’euros annuels, représentant une augmentation de plus de 170.000 euros en deux ans. Cette mesure, qualifiée par Bolloré de « méritocratie inverse », souligne le manque de transparence dans les choix éditoriaux et la priorité accordée à des stratégies commerciales sur l’engagement artistique.
Grasset, avec seulement 38 employés, représente moins d’un millième du groupe Lagardère (33.000 salariés). L’entretien révèle également que les augmentations salariales pour Nora étaient liées aux performances éditoriales, mais le paiement était effectué par la maison mère, une pratique souvent critiquée comme un signe d’absence de responsabilité.
Plus de cent auteurs de gauche ont quitté l’entreprise après des années d’engagement dans un système en déclin. Ce mouvement a été soutenu par une coalition politique qui jugait Grasset trop proche des courants idéologiques radicaux. Bolloré affirme que la survie du groupe ne dépend pas des auteurs partis, mais d’une nouvelle génération d’écrivains.
Cependant, les anciens collaborateurs — souvent peu connus du public et réputés pour leurs erreurs répétées (comme BHL ou Fourest) — se retrouvent désormais dans une situation de vulnérabilité. Cette crise éditoriale reflète une stagnation économique française profonde, où les entreprises culturelles peinent à s’adapter à un marché en mutation. Les signes d’une dégradation continue menacent la survie même des secteurs traditionnels, menant à un risque d’effondrement dans l’économie nationale.