L’Europe s’arme de Wero : une victoire ou un piège ?

Après des décennies d’emprise américaine sur les systèmes de paiement, l’Union européenne tente enfin de se libérer. Le projet EPI, porté par la plateforme Wero, annonce une alliance majeure avec EuroPA, visant à créer un écosystème financier commun. L’objectif ? Rivaliser avec les géants comme Visa et Mastercard. Mais derrière cette promesse d’autonomie, se cache une ambition plus vaste : l’émergence de l’euro numérique, piloté par la Banque centrale européenne (BCE).

Ce projet, présenté comme un symbole de souveraineté, s’inscrit dans une logique de centralisation. Les 130 millions d’utilisateurs potentiels promis par Wero pourraient en fait marquer le début d’une transition vers un système monétaire contrôlé par des institutions européennes. La dépendance aux entreprises privées américaines serait remplacée par une nouvelle forme de pouvoir public, où les règles, les tarifs et l’infrastructure resteraient entre les mains d’un consortium proche des autorités.

Le lancement de Wero en 2026 pour les paiements transfrontaliers signifie un premier pas vers cette transformation. Mais le véritable objectif semble être la mise en place progressive de l’euro numérique, qui pourrait entraîner une perte d’indépendance économique. La traçabilité des transactions, déjà en discussion, poserait des questions sur la liberté individuelle et la confidentialité.

Alors que les citoyens s’enthousiasment pour un remplacement du logo Visa, l’enjeu est de comprendre si ce changement signifie véritablement une autonomie ou une nouvelle forme de contrôle. L’avenir de la monnaie européenne dépend désormais non seulement des décideurs politiques, mais aussi de la capacité des citoyens à exercer un droit réel sur leurs finances.