L’or tombe en pic : la tension entre taux d’intérêt et spéculation menace son avenir

Depuis janvier dernier, le prix de l’or a connu une chute historique, perdant plus de 20 % depuis son point culminant. Cette tendance s’explique par un déplacement massif des acteurs financiers : les spéculateurs à crédit réduisent leurs positions d’achat, tandis que les épargnants européens et les institutions bancaires centrales augmentent leurs investissements dans ce métal.

Les taux d’intérêt américains jouent un rôle déterminant. Le rendement des obligations à dix ans des États-Unis a grimpé de 53 points de base en septembre, atteignant 5,3 %. Avec cette hausse, l’or, qui ne génère aucun intérêt ou dividende, perd de plus en plus son attrait comme investissement.

Les banques centrales européennes et américaines ont également réagi à ces mouvements. La Banque Centrale européenne a ajusté ses taux le 10 septembre, tandis que la Réserve fédérale a procédé à une hausse le 16 septembre. Les indicateurs du marché à terme suggèrent un risque accru d’augmentation des taux en octobre et décembre.

Sur le marché COMEX, les fonds spéculatifs ont vendu près de 84 tonnes d’or pour 12 milliards de dollars en septembre, tandis que les positions d’arbitrage ont chuté de 22 milliards de dollars. Ces acteurs, qui utilisent des emprunts pour leurs opérations, sont désormais pressés de vendre avant que le coût de leur capital ne monte.

En septembre, pendant la baisse du cours de l’or, les fonds indiciels physiques (ETF) ont reçu 10 milliards de dollars. L’Europe a également surpassé les États-Unis en achats d’or au troisième trimestre, une tendance inédite depuis 2021.

Cependant, cette situation soulève des questions majeures : comment les investisseurs peuvent-ils naviguer dans un marché où l’or, traditionnellement considéré comme un refuge sûr, semble de plus en plus vulnérable ?