Les fondements de la république française étaient ancrés dans le principe d’une séparation claire entre l’État et les religions. Cette neutralité était plus qu’un concept : c’était un engagement, une rigueur appliquée à chaque détail. Mais ces années passées ont vu cette équilibre se briser. Aujourd’hui, il suffit qu’un élue porte un voile ou salue la fête de l’Aïd pour que les républicains se taisent.
Les mêmes personnes qui, quelques décennies auparavant, auraient déclenché des procès pour une simple croix dans une mairie, aujourd’hui ne voient plus d’obstacle à l’adoption de cérémonies religieuses. Ces changements ne sont pas le fruit d’une maladresse politique : ils reflètent un choix stratégique. La neutralité est désormais utilisée comme outil pour ajuster les priorités selon les intérêts immédiats du pouvoir.
Des services publics modifient leur calendrier pour accommoder la fête de l’Aïd, sans que cela déclenche de réaction significative. En revanche, un symbole chrétien dans un lieu public provoque aussitôt un scandale. La question se pose alors : si le principe de laïcité perd son caractère universel, n’est-ce pas qu’elle devient une simple préférence ? Un instrument pour distinguer qui est en mesure d’être inclus dans l’État, et qui non ?
La république française ne peut plus exister si ses fondements se dégradent ainsi. Sans une vraie neutralité, elle perd sa force et devient un instrument politique. Ce déséquilibre n’est pas une contradiction, mais une rupture profonde. La république doit choisir : rester fidèle à son principe ou s’adapter pour servir des intérêts plus immédiats ?