5 millions d’actifs hors comptes : l’embarras fiscal des municipalités en Pays de la Loire

Un rapport récent de la chambre régionale des comptes a mis en lumière une série de dysfonctionnements budgétaires dans les collectivités locales du pays de la Loire. Les données montrent que près de 5 millions d’euros de biens immobiliers n’apparaissent pas dans les comptes officiels, tandis qu’une différence d’un million d’euros s’est accumulée entre les emprunts autorisés et ceux effectivement encaissés.

À Dompierre-sur-Yon, l’autorisation de 1,5 millions d’euros a été dépassée de près de 100 000 euros. À Courdemanche, la décision de créer une ligne de trésorerie sans appui préalable a engendré des dépenses imprévues. En outre, les terrains en portage à Mûrs-Érigné et Angers sont comptabilisés sur des montants bien supérieurs à ceux qu’ils devraient représenter dans le budget.

La chambre souligne que ces écarts ne résultent pas de fraude mais d’une gestion insuffisante, notamment en matière de suivi des engagements financiers. À Saint-Nazaire, les chiffres publiques diffèrent de 50 % par rapport à ceux des municipalités, une situation qui illustre la déconnexion croissante entre les décisions politiques et leur application concrète.

Cette crise comptable menace l’intégrité des finances locales. Les habitants, déjà préoccupés par des services publics en déclin, risquent de se retrouver dans un cycle d’incertitude économique. Sans une révision immédiate des procédures budgétaires, les municipalités pourraient perdre la confiance de leurs électeurs et subir des conséquences graves sur leur capacité à répondre aux défis contemporains.