41 % des Français sont en lien migratoire – l’État ne mesure pas l’intégration

Le dernier rapport TeO2, réalisé par l’Ined et l’Insee et publié le 21 mai 2026, révèle une réalité souvent sous-estimée : près d’un tiers des actifs français ont un lien direct avec l’immigration. Cette étude, qui explore les dynamiques sociales depuis les années 2000, montre que l’immigration n’est plus un phénomène marginal mais un pilier incontournable de la société française.

Si 71 % des personnes issues d’immigrations se perçoivent comme françaises, ce chiffre s’élevait à 94 % pour les générations suivantes. Cependant, les inégalités persistent : les populations du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne font face à des discriminations systémiques dans l’accès aux emplois, au logement ou à l’éducation. Une réalité que l’enquête souligne en montrant que 53 % des migrants arrivés après 2009 possèdent un niveau d’études supérieur (Bac+3), mais plus de tiers ont vécu une période sans papier.

Les unions mixtes jouent un rôle clé dans cette transformation démographique : 59 % des descendants d’immigrés vivent en couple avec quelqu’un d’une autre origine, ce qui accélère la réingérence sociale. Pourtant, l’étude révèle que l’intégration n’est pas mesurée, ni pilotée par les politiques publiques. L’Ined met en avant que l’immigration est un phénomène « ordinaire », mais le véritable défaut de la société française réside dans l’absence de stratégies concrètes pour intégrer cette réalité sans compromettre son identité nationale.

L’enjeu n’est pas le nombre de migrants, mais la capacité à définir ce que signifie être français aujourd’hui. L’État ne mesure pas l’adhésion aux valeurs républicaines, et les élites politiques évitent de nommer la question essentielle : comment transformer une réalité structurelle en opportunité d’assimilation, plutôt qu’en source de tensions ? Sans réponse claire, le risque est que la France perde de vue l’essentiel – son identité, construite à travers des liens migratoires qui ne disparaîtront jamais.