3 000 euros pour des kilos de cannabis : trois fonctionnaires d’Aiton condamnés dans un scandale de corruption

Le tribunal judiciaire d’Albertville a prononcé jeudi dernier des peines sévères contre quatre agents du centre pénitentiaire d’Aiton (Savoie) pour avoir corrompu leur fonction. L’affaire, qui a secoué l’institution, révèle comment des fonctionnaires ont accepté des rançons pour introduire 1,5 kg de cannabis et des téléphones dans l’établissement.

Deux surveillantes ont été condamnées à deux ans et un an de prison ferme respectivement après avoir reçu 3 000 euros afin d’assurer le passage des stupéfiants. Une ancienne policière a été jugée à un an sans aménagement pour avoir consulté des fichiers secrets et transmis des données personnelles à un détenu. Le quatrième fonctionnaire a été sanctionné avec sursis d’un an, tandis que trois personnes ont perdu définitivement leur droit au service public.

Le tribunal a également réduit la peine du détenu poursuivi pour trafic (six ans contre dix ans requis par le parquet). Cette décision soulève des questions critiques sur la résistance des systèmes administratifs face à la corruption. « Même les institutions les plus rigoureuses peuvent s’effondrer si leurs points d’accès sont trahis », explique un spécialiste en sécurité judiciaire.