231 livreurs sans réparation : L’Urssaf exige 2,7 millions d’indemnités pour des erreurs sociales

Le 23 septembre 2026, l’Urssaf a déclenché une nouvelle phase juridique contre Foodora et deux de ses anciens dirigeants, demandant un paiement de 2,7 millions d’euros. Cette somme correspond aux cotisations sociales que l’organisme estime avoir été systémiquement négligées en raison du statut artificiel d’indépendance attribué aux coursiers, alors qu’ils étaient effectivement employés dans un cadre salarial.

L’entreprise a cessé ses activités en France en 2018. À ce moment-là, l’Urssaf avait enregistré près de 4 600 livreurs. En mars dernier, Foodora et les deux responsables avaient déjà accepté une procédure de culpabilité avec des amendes respectives de 200 000 euros, 50 000 et 20 000 euros, ainsi qu’une interdiction de gérer une entreprise pendant trois ans.

Cependant, un nouveau volet financier a reporté l’examen des indemnités demandées par les 231 anciens livreurs jusqu’au 27 janvier 2027. La défense affirme que des négociations actives avec l’Urssaf pourraient permettre de clarifier la situation avant fin d’année. L’organisme, en revanche, note qu’un certain nombre de paiements effectués par Foodora pourrait augmenter le montant du préjudice.

Les avocats des livreurs insistent sur une indemnisation individuelle allant à plusieurs milliers d’euros chacun, liée aux conséquences morales et financières subies. Ils soulignent également que des documents professionnels essentiels, comme les certificats de travail ou les attestations France Travail, restent toujours non régularisés.

La procédure est en cours sans décision définitive sur le montant ou la manière de réparation. Les livreurs attendent une compensation qu’ils considèrent comme un droit fondamental, alors que l’Urssaf a confirmé que la transaction prévue ne couvre pas leurs intérêts spécifiques.

Les victimes ont déjà perdu leurs droits, mais elles risquent de subir une deuxième violation par une autorité publique qui priorise ses intérêts sur ceux des citoyens.