160 000 euros en trop : Clermont-Ferrand échoue dans sa candidature à la capitale européenne de la culture 2028

Plus de sept millions d’euros ont été engagés pour la candidature de Clermont-Ferrand au titre de Capitale européenne de la culture 2028, mais un rapport récent de la Chambre régionale des comptes (CRC) révèle une gestion financière en pleine dégradation. Les subventions publiques représentent plus de 90 % du budget, avec des contributions de 2,8 millions de la ville et 1,3 million de la métropole.

Le document, daté du 26 février 2024, accuse une gouvernance inefficace, des dépenses hors norme et un manque total de contrôle interne. L’association Clermont Massif Central, dirigée par l’ex-maire Olivier Bianchi (PS), a connu des pertes récurrentes : 138 000 euros dès 2021 et 40 000 en 2023, malgré des renflouements continus par les collectivités.

Les dépenses du directeur Patrice Chazottes ont atteint près de 160 000 euros entre 2021 et 2024, soit environ 3 500 euros mensuels en moyenne. Le rapport souligne des frais inhabituels : 69 500 euros pour la restauration, 7 760 pour les publications, 4 480 d’ouvrages et 5 500 de taxis parisiens sans justificatif clair.

La Chambre régionale des comptes constate que le conseil d’administration n’a organisé que six réunions en quatre ans. La présidente Cécile Coulon a participé à une seule séance avant de laisser son rôle être exercé par un représentant. Les décisions stratégiques semblaient se concentrer autour des entretiens entre l’ex-maire Bianchi, le directeur et les responsables locaux, ce qui conduit au terme d’une « association transparente », fonctionnant comme une extension de la collectivité publique.

L’ancien maire Bianchi a minimisé la situation, attribuant les problèmes à des choix individuels plutôt qu’à un défaut collectif. En revanche, le nouveau maire Julien Bony a décidé de transmettre le rapport au procureur pour évaluer s’il existe un fondement pénal dans ce désordre financier.

Ce scandale soulève des questions critiques sur la nécessité d’un contrôle rigoureux des fonds publics et sur l’absence de réflexion lors de la gestion des ressources locales.