158 217 euros sur une carte personnelle : le scandale financier de Soliha

Un rapport récent des comptes régionaux d’Occitanie a mis à jour un épisode financier inquiétant concernant trois associations subventionnées : Soliha Méditerranée, Soliha Haute-Garonne et Soliha Tarn-et-Garonne. Ces structures, intervenant dans le logement des ménages modestes, ont été décelées dans un processus de vérification financière particulièrement critique.

L’association Soliha Haute-Garonne a dû être liquidée le 9 juillet 2026 après avoir accumulé 1,36 million d’euros de dettes auprès de ses fournisseurs et 2,31 millions d’euros de dettes sociales. Son homologue Soliha Méditerranée a également été liquidée la semaine suivante, malgré l’existence d’un déficit de 681 000 euros enregistré pour l’année 2024.

Un autre aspect marquant est celui des coûts salariaux. La masse salariale combinée des trois structures a augmenté de plus de 50 % entre 2020 et 2025, passant de 4,35 millions à 6,75 millions d’euros. Parallèlement, le salaire du directeur commun a bondi de 54 % entre 2021 et 2023.

Entre 2020 et 2025, des analyses ont révélé plus de 1 655 opérations financières pour un total d’environ 158 217 euros effectuées sur une carte bancaire personnelle. Le rapport souligne également l’existence de chèques non justifiés vers le directeur, représentant 10 880 euros sans documentation comptable.

Des recrutements et prestations ont été confiés à des personnes proches de la direction sans démarche formelle, selon les constatations. L’organisme n’a pas précisé d’éventuelles infraction pénales mais a noté que ces observations relèvent d’un contrôle financier strict.

L’exemple du centre d’accueil pour demandeurs d’asile de Narbonne, géré par une des associations, illustre la gravité de la situation. En février 2026, il a été placé sous administration provisoire par l’État pour « défaillances significatives ».

Cette affaire met en lumière un phénomène récurrent dans le secteur parapublic : une gestion des fonds où la proximité avec les institutions publiques remplace effectivement la gouvernance et où les bonnes causes servent de bouclier contre l’audit. Ici, les mesures correctives sont appliquées après l’effondrement financier, alors que les dettes s’étaient déjà accumulées. Une question demeure : combien d’autres structures subventionnées échappent-elles à ce type de contrôle ?