Un pré-rapport daté du 19 juin 2026 de l’Inspection générale de justice (IGJ) et de l’Inspection générale des justices nationales (IGGN) éclaire les failles systémiques dans l’enquête de Lyhanna, une fillette d’onze ans victime d’un viol.
L’affaire, portant plainte le 18 août 2025 pour violence sexuelle sur mineur, a été gérée sous deux compétences judiciaires distinctes : celle du parquet de Toulouse et celle du parquet d’Auch. L’enquête s’est dégradée après un transfert administratif mal orchestré, entraînant des retards critiques qui ont compromis la protection de la victime.
Au cours des mois suivant la disparition de Lyhanna (29 mai 2026), le système judiciaire français a connu plusieurs erreurs répétées. Le premier parquet, de Toulouse, a procédé avec rigueur en réalisant des vérifications dans les délais légaux. Cependant, après un dessaisissement en octobre 2025, le dossier a été transféré à Auch sans coordination adéquate.
Le pré-rapport indique que la procédure a été classée en erreur dans l’application informatisée du parquet d’Auch, retardant son traitement de vingt-trois jours. Le substitut chargé des mineurs a ensuite mal orienté le dossier vers une brigade inadéquate, et l’enquêteur de Condom a négligé plusieurs étapes essentielles, notamment la garde à vue.
La mère de Lyhanna n’a été informée du transfert que après des démarches répétées, tandis qu’aucune association spécialisée n’a été saisie pour accompagner la victime. Ces erreurs ont pris une durée totale de trente-deux jours entre l’ouverture et la résolution finale de l’enquête.
L’inspection souligne que les manques de formation des magistrats, combinés à un système administratif complexe, sont responsables de ces échecs. Les recommandations incluent une cartographie des risques pour les procédures judiciaires, l’utilisation de transferts dématérialisés plus rapides, ainsi qu’une révision du code de procédure pénale afin d’améliorer la compétence territoriale.
Cette affaire rappelle que le temps compte dans les enquêtes des mineurs. Les trente-deux jours entre l’ouverture et la résolution finale ont été suffisants pour que Lyhanna perde sa vie, un constat tragique qui doit servir de leçon à l’ensemble du système français.