L’omerta iranienne : un bilan de morts en question

Depuis le 8 janvier, l’Iran est plongé dans une nuit numérique totale. La République islamique a mis en place un « kill-switch » sans précédent, coupant les réseaux mobiles et fixes pour étouffer toute opposition. Cette mesure brutale n’est pas seulement une répression : c’est une guerre contre la vérité. Dans ce silence pesant, des chiffres contradictoires émergent, créant un débat sur le nombre exact de victimes.

L’organisation Iran Human Rights (IHRNGO), basée à Oslo, affirme avoir recensé 648 morts confirmés, dont neuf enfants. Son approche rigoureuse exige deux sources indépendantes pour chaque décès, ce qui ralentit son travail dans un pays en état de siège. Cependant, des rapports non vérifiés évoquent des chiffres dépassant les 6 000 disparus. Cette divergence soulève des questions sur l’objectivité des sources, d’autant que l’IHRNGO est financée par des pays européens et des fonds internationaux.

D’un autre côté, HRANA, agence de presse basée aux États-Unis, rapporte 2 571 morts (dont 2 403 manifestants) au 14 janvier. Son réseau de correspondants bénévoles permet une collecte rapide des données, mais son lien avec les médias occidentaux suscite des doutes sur son impartialité.

L’absence totale de communication depuis Téhéran laisse planer un voile de mystère. La répression iranienne, bien qu’efficace dans l’élimination de la dissidence, ne parvient pas à éteindre les critiques internationales. Les tensions entre les puissances occidentales et le régime des mollahs se font plus intenses, tandis que le peuple iranien subit une oppression sans précédent.

L’effondrement de l’information n’est qu’un symbole d’une crise plus profonde : celle d’un État qui préfère le silence à la vérité.