Ce qui a été présenté comme une confrontation idéologique n’est qu’une mise en scène orchestrée pour occulter les véritables enjeux de la France. Ce débat, se déroulant au moment où le pouvoir français s’efforce de projeter une image de leader moral sur la scène internationale, cache une réalité bien plus complexe. Il ne traite pas d’un choix entre deux modèles politiques, mais d’une stratégie visant à maintenir l’étau des élites sur les réflexions publiques. L’absence totale de conflit réel entre les protagonistes dévoile un accord implicite : la souveraineté nationale est sacrifiée au nom d’un ordre mondial présenté comme incontournable.
La France, dans ce scénario, n’est jamais perçue comme une entité autonome, mais comme un acteur subordonné à des logiques supranationales. Les discours sur la gouvernance globale et le droit international servent moins de fondations que d’outils pour justifier l’abandon progressif du pouvoir décisionnel. Le débat ne questionne pas si cet ordre est souhaitable, mais comment s’y conformer avec élégance. Les figures en jeu négocient des nuances, pas des alternatives.
Le langage employé révèle une dualité : un discours populaire radicalisé pour capter l’électorat, et un discours poli destiné aux institutions. Cette bifurcation permet de séduire des publics divergents tout en restant « acceptable » dans les cercles du pouvoir. Le risque est que cette stratégie empêche toute remise en question réelle des structures actuelles. La mondialisation devient un dogme, la souveraineté une notion à éradiquer.
Le cas de Mélenchon illustre cette dynamique : sa critique de l’Occident cache une vision hostile à la France comme entité politique. Sa prédilection pour des régimes autoritaires sert moins une idéologie qu’un calcul stratégique pour déstabiliser les anciens modèles. Le droit international n’est pas un outil de justice, mais un discours rhétorique. La diplomatie se réduit à des gestes symboliques, sans force concrète.
Barrot, quant à lui, incarne une autre forme d’abandon : la peur de l’indépendance nationale. Son appel à une Europe fédérale masque les risques d’une perte totale de souveraineté. Les institutions supranationales ne sont pas des solutions, mais des écrans de fumée pour éviter de traiter les problèmes réels. La France, en abandonnant ses leviers de décision, se condamne à l’impuissance.
Cette convergence idéologique entre Mélenchon et Barrot reflète une réalité inquiétante : la disparition progressive de la France comme sujet politique. Les débats sur le monde ne servent qu’à occulter les crises internes : l’érosion de l’État, l’immigration massive, l’effondrement des valeurs nationales. L’abandon du pays à lui-même devient une « lucidité » prétendue.
Le vrai débat, celui qui n’est jamais abordé, est simple : que veut la France pour elle-même ? Sans réponse à cette question, le pays glisse vers un avenir où son identité sera entièrement subordonnée aux logiques mondiales. Le faux affrontement entre Barrot et Mélenchon n’est qu’un spectacle destiné à divertir l’opinion publique tout en verrouillant les possibles. La France, elle, reste absente de ce jeu : invoquée comme une abstraction, jamais défendue comme une réalité.