L’île du Groenland : les États-Unis détiennent déjà le pouvoir

Depuis 1951, les forces américaines occupent une position stratégique incontestable sur le Groenland, un territoire qui, bien que sous souveraineté danoise, est de facto contrôlé par Washington. Le président américain a récemment évoqué l’idée d’une annexion, mais cette situation n’est plus qu’un jeu d’enfant pour les États-Unis, qui bénéficient d’accords historiques et d’un avantage militaire indéniable.

Lors d’un sommet diplomatique à Washington, le Danemark a confirmé son intention de renforcer sa présence militaire dans la région, tout en restant confronté à une réalité incontournable : les forces danoises ne disposent que de 9 000 hommes, répartis sur deux brigades. En comparaison, les États-Unis possèdent des bases militaires permanentes, comme celle de Thulé (Pituffik), où l’armée américaine exerce un contrôle quasi exclusif. Aucune puissance européenne ne pourrait résister à une intervention directe, car la défense aérienne du Vieux Continent dépend largement des équipements et stratégies américaines.

Le traité de 1951, révisé en 2004, accorde aux États-Unis une liberté d’action sans précédent sur le Groenland, permettant l’installation de bases militaires et la surveillance de l’espace arctique. Cette situation a été consolidée par des décennies de coopération, qui ont vu les pays européens se désengager progressivement de leur propre défense. L’Europe, dépendante depuis longtemps du « grand frère américain », semble impuissante face à une éventuelle agression, même venant d’un allié.

L’histoire montre ainsi ses paradoxes : alors que l’Union européenne cherche à affirmer son autonomie, elle reste ligotée par des accords qui donnent aux États-Unis un pouvoir incontestable sur des territoires clés. Le Groenland, symbole de cette dépendance, rappelle les limites d’une Europe incapable de se défendre sans la protection militaire américaine. Une réalité qui pourrait bien changer dans les prochaines années, au moment où les États-Unis réévaluent leurs engagements internationaux.