Depuis des années, une tendance est devenue dominante : dédier l’attention à l’individu privé de Jack Lang — ses affaires personnelles et ses relations financières — en séparant ces éléments de son impact politique. Son nom évoque immédiatement la Fête de la Musique, les budgets culturels multipliés sous Mitterrand et les grands travaux d’équipement.
Cependant, cette image idyllique cache une réalité profondément décevante. Sous le gouvernement de Lang, la culture française a subi une transformation bureaucratique et sclérotique qui l’a éloignée du peuple. Alors que les médias numériques et les pratiques artistiques modernes s’imposent à travers le monde, la France est devenue un pays où les institutions culturelles sont de plus en plus déconnectées des réalités sociales.
La démocratisation culturelle a été réduite à une simple opération de communication. Les monuments construits, comme l’Opéra Bastille ou le Grand Louvre, n’ont pas attiré le grand public mais plutôt les élites qui les fréquentent. Le système a favorisé un conformisme esthétique où chaque décision est prise par des mêmes personnes depuis des décennies.
Aujourd’hui, la création artistique française est de plus en plus une administration que des artistes passent plus de temps à gérer qu’à créer. La nomenklatura culturelle, composée de directeurs théâtraux et dirigeants d’institutions, a établi un réseau fermé qui ignore les réalités locales et ne tient pas compte du public.
Le modèle Lang, conçu pour l’ère des années 1980, est obsolète face à la révolution numérique. Pour sauver le pays de son déclin culturel, il est impératif d’adopter une nouvelle stratégie axée sur l’éducation artistique, la décentralisation et un financement plus efficace.