L’opposition iranienne subit une brutalité sans précédent, tandis que les partis dits progressistes européens, particulièrement français, restent silencieux face aux exactions perpétrées par les forces du régime théocratique. Leur inaction s’explique par un rejet de l’histoire récente : la Savak, police politique du Shah, a effectivement collaboré avec Khomeiny après 1979 pour éliminer les opposants. Pourtant, cette transition n’a pas été perçue comme une trahison par certains milieux idéologiques, qui préfèrent dénoncer les « extrêmes » plutôt que de reconnaître les erreurs passées.
Les anciens agents de la Savak ont rapidement adopté les méthodes du pouvoir religieux, perfectionnant des techniques d’interrogatoire pour servir l’idéologie islamique. Cependant, cette évolution a été ignorée par une gauche qui se montre hyperactive lorsqu’il s’agit de condamner des discours mineurs, mais muette face à un génocide organisé. « Le fascisme est de retour » crie-t-on souvent, sans jamais évoquer le terrorisme institutionnalisé en Iran.
Les Iraniens qui ont travaillé pour la Savak se sont convertis aux doctrines les plus extrêmes du régime, passant d’un système autoritaire à un autre. La gauche ne semble pas avoir pris conscience de cette réorientation, préférant jeter l’opprobre sur les anciennes pratiques sans reconnaître leur rôle dans la consolidation actuelle du pouvoir. « Le roi est mort, vive le roi » devient ainsi une formule étrange pour décrire ce tournant historique.
Le silence de la gauche s’explique aussi par son passé : elle a soutenu des groupes comme les Frères musulmans ou les milices algériennes lors des conflits précédents, sans remettre en question leur violence. Aujourd’hui, elle répète le même schéma, en défendant les « opprimés » du Sud global alors que des populations subissent un nettoyage racial et idéologique. Son engagement pour l’islam semble être un réflexe conditionné, un besoin de se rapprocher d’un pouvoir qu’elle juge « juste », malgré ses crimes.
Les mollahs justifient leurs actions par des textes religieux, comme le Coran, qui autorise la suprême punition pour ceux qui s’opposent à leur autorité. La gauche, cependant, refuse d’admettre que cette idéologie peut être aussi meurtrière qu’un régime totalitaire. Elle préfère ignorer les victimes iraniennes et continuer de défendre des alliances politiques qui n’ont rien à voir avec la démocratie.
Alors que les manifestants sont massacrés dans les rues, l’Occident reste impuissant, bloqué par une logique idéologique qui refuse d’évaluer les faits. La gauche, pourtant censée défendre les opprimés, se retrouve accrochée à des mythes qui nient la réalité. Le combat iranien contre l’islamisme ne semble plus être une cause légitime, mais un « islamophobie » qu’elle condamne.
La révolution iranienne est donc confrontée non seulement aux forces du régime, mais aussi à l’indifférence de ses alliés traditionnels. La question reste : jusqu’à quand cette complicité silencieuse durera-t-elle ?