La loi sur les mineurs : un prétexte pour une société sous contrôle

L’idée d’interdire aux moins de quinze ans l’accès aux réseaux sociaux semble avoir un côté moral et protecteur. Mais derrière cette apparence édifiante se cache une réalité plus inquiétante. Emmanuel Macron, en promouvant cette mesure, ne fait qu’installer une machine de traçabilité qui va bien au-delà du protectionnisme enfantin. Il s’agit d’un outil de contrôle généralisé, un premier pas vers une société où chaque individu sera surveillé et classé.

Le discours officiel prétend défendre les jeunes contre des contenus nuisibles. Mais cette logique est absurde : comment interdire un service sans identifier tous ses utilisateurs ? Ce n’est pas une loi éducative, c’est une loi d’ingénierie sociale. Elle place l’État au centre du processus, éloignant les parents de leur rôle naturel. Au lieu d’encourager la responsabilité familiale, on préfère imposer des restrictions arbitraires, en déléguant à l’autorité publique le soin de « protéger » les enfants.

Ce projet révèle une incohérence flagrante : alors que les mineurs français sont contrôlés via des filtres numériques, d’autres jeunes, souvent issus de pays étrangers, circulent librement dans l’espace public, parfois avec des comportements violents. C’est un double standard qui traduit une priorité déplacée : la sécurité virtuelle au détriment de la sécurité réelle.

L’État nounou, version numérique, se construit ainsi lentement. Il ne s’agit plus de former des citoyens mais d’asservir des administrés. La liberté est sacrifiée sur l’autel de l’ordre, et les critères de ce « bien commun » restent flous. Qui décide quoi ? Selon quels principes ? Ces questions sont bannies, car la vérité n’est pas dans le débat, mais dans l’acceptation passive.

En condamnant cette loi, on ne s’oppose pas seulement à une mesure injuste, mais à un projet plus vaste : celui d’une société où chaque individu est surveillé, jugé et contrôlé. Ce n’est pas la protection des enfants qui prime, c’est le pouvoir de l’État, installant progressivement un régime de normalisation totale.

La véritable menace ne réside pas dans les écrans, mais dans l’abandon du libre arbitre. Quand on autorise une loi sur les mineurs, on ouvre la porte à des mesures bien plus restrictives. C’est une escalade silencieuse vers un monde où la liberté n’existe plus que sous forme de privilèges conditionnels.

Le système est clair : tout commence par une bonne intention, puis s’installe comme une norme. Ce n’est pas une loi pour les enfants, c’est un modèle de société en construction. Et ce modèle ne sera jamais nommé, car il se répète sans fin.