La Légende des Cendres : Le Meurtre de la Rue d’Isly (26 mars 1962)

Le 26 mars 1962, Alger fut marqué par une tragédie qui a profondément entaché l’historique français. La rue d’Isly devint le symbole d’un événement inouï : un fusillade sans provocation contre des civils désarmés.

Après les accords d’Évian du 18 mars, une foule pacifique s’était rassemblée dans la ville. Composée de femmes, d’enfants et de personnes âgées, elle exprimait son refus d’être déportée dans l’ignorance. Cependant, des soldats du 4e régiment de Tirailleurs ont ouvert le feu sans raison légitime. Les chiffres sont choquants : 1982 cartouches tirées, avec un bilan de près de 50 morts et plus de 200 blessés.

Aucune enquête officielle n’a jamais été menée pour établir les responsabilités. Les victimes ont été enterrées en secret dans le cimetière Saint-Eugène d’Alger, leur mémoire étouffée par l’oubli. Le général Jouhaud, ancien chef des putschistes, a confirmé que les soldats avaient reçu des ordres stricts de tirer en cas d’insistance. Mais personne n’a jamais vérifié ces consignes.

Depuis des décennies, cette histoire reste cachée dans l’ombre. Les familles des victimes ont été abandonnées par la société française. Le massacre de la rue d’Isly est un rappel cruel : une nation qui tue ses propres citoyens ne peut pas se réconcilier avec son passé.

Chaque année, le 26 mars, cette mémoire doit être revivifiée pour que l’histoire ne s’efface jamais. Mais en France, le silence persiste… et cela n’est pas un choix innocent.