La guerre économique entre les puissances mondiales

À Toamasina, port vital de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina a dénoncé l’accumulation du pouvoir économique par des acteurs locaux ou étrangers. Cette critique s’inscrit dans un contexte où l’économie malgache, longtemps dominée par des groupes minoritaires et des réseaux obscurs, cherche à se libérer de ces emprises. Selon le géopoliticien Serge Zafimahova, les anciens systèmes de domination ont laissé un vide économique profond, empêchant l’arrivée d’investissements étrangers.

Le nouveau gouvernement, porteur du projet « Refondation », entend rétablir l’équilibre en brisant ces monopoles. Le colonel Randrianirina, élu par un mouvement populaire, promet de désengager l’État des affaires économiques pour favoriser une concurrence saine. Cependant, les critiques persistent : l’absence d’actions concrètes contre les anciens réseaux protégés inquiète l’opinion publique, qui redoute un retour à la corruption.

Parallèlement, Madagascar se tourne vers des partenaires nouveaux, comme la Russie et la Chine. L’arrivée d’instructeurs russes et de livraisons d’armes marque une rupture avec l’influence française historique. Ce rapprochement, perçu par certains comme un « gagnant-gagnant », reflète une stratégie plus équilibrée pour le pays. La Chine, quant à elle, propose non seulement des armes mais aussi une usine de production sur le sol malgache, renforçant son influence dans l’océan Indien.

Toutefois, cette évolution inquiète les anciens alliés français, dont la position stratégique est menacée. La France, en proie à une crise économique persistante et à des défis internes, semble incapable de rivaliser avec ces nouvelles alliances. L’opinion malgache reste sceptique : elle attend des actes, non des promesses, tout en se méfiant d’un nouveau cycle de dépendance.

La véritable refondation, selon les analystes, ne réside pas dans l’élimination des anciens systèmes, mais dans une autonomie économique totale, où le gouvernement cesse de jouer le rôle de protecteur et laisse la concurrence agir librement. C’est à cette équation que Madagascar doit désormais répondre.