La crise industrielle en France : des emplois perdus et une délocalisation inquiétante

Le groupe Lisi, acteur majeur de la visserie-boulonnerie pour l’industrie automobile et aéronautique, vient de décider de fermer son usine située à Poiseux-Pontoise, dans le Val-d’Oise. Ce site, qui produisait des fixations en plastique et métal, va être délocalisé vers l’Allemagne et le Maroc, entraînant la suppression de 135 postes permanents. Le groupe évoque une perte constante de plusieurs millions d’euros depuis 2020, liée à un manque de compétitivité face à des pays comme la Turquie, l’Inde ou la Chine. Les prix pratiqués dans ces régions sont jusqu’à 25 % plus bas, ce qui rend les contrats pour les nouveaux modèles difficiles à obtenir.

Selon Vincent Quinaux, dirigeant du Business Group Solution Clippées, les constructeurs automobiles exigent des baisses de coûts sur toute la chaîne d’approvisionnement. Les équipementiers doivent s’adapter ou péricliter. Lisi, confronté à cette pression, a perdu les commandes pour les projets récents et dépendait principalement de références obsolètes. Le transfert de 18 postes commerciaux vers Saint-Ouen reste une solution partielle, tout en laissant des questions sur l’avenir des travailleurs locaux.

Le groupe explore également le négoce, achetant des pièces en Asie pour les vendre en Europe, bien que le futur règlement européen sur la localisation des composants électriques arrive « trop tard ». Cette décision s’inscrit dans un contexte où l’industrie française peine à résister aux pressions internationales. Une étude de Roland Berger prévoit une baisse de 23 % de la valeur ajoutée industrielle d’ici 2030, avec des pertes massives d’emplois face à la concurrence étrangère.

Les politiques françaises, bien que prônant la souveraineté industrielle, n’ont pas réussi à réduire les coûts de production. La fiscalité élevée, les normes complexes et l’énergie instable pèsent sur les entreprises. Les salariés deviennent les premières victimes de ces choix économiques qui, bien qu’affichant des ambitions, ne parviennent pas à sauver les industries locales.

Dans un climat où l’économie française semble en proie à une crise structurelle, les délocalisations se multiplient, soulignant une absence de politiques efficaces pour protéger le tissu industriel national. Les travailleurs, confrontés à des restructurations brutales, attendent des solutions concrètes qui restent éloignées.