Dans un paysage politique en mutation, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a été longtemps associé à des discours marqués par une vision radicale de la lutte contre l’ordre capitaliste. Son approche théorique s’appuie sur un héritage historique complexe, dont les racines remontent à plusieurs décennies.
Les courants trotskystes-lambertistes, dominants dans les années 1970 en France, considèrent que la violence est un instrument légitime pour renverser des systèmes oppressifs. Ces théories, inspirées par l’Organisation communiste internationaliste (OCI), mettent en avant des révolutions historiques comme celle de 1917 en Russie ou les mouvements anticoloniaux du XXe siècle.
Cette logique se reflète dans des exemples sanglants marquants de l’histoire : la Terreur révolutionnaire française (1793-1794), caractérisée par des exécutions massives et des tribunaux révolutionnaires arbitraires, illustre comment la violence a été utilisée pour établir un nouveau système politique. De même, les assassinats du tsar Alexandre II en 1881 par des groupes anarchistes russes montrent l’importance accordée à des actes violents comme moyen de libération.
Mélenchon, après avoir milité dans l’OCI et contribué à la création de la Tendance lambertiste, a progressivement intégré le Parti socialiste en 1977. Son discours conserve une profonde connexion avec ces idées, même si son engagement s’est recentré sur des sujets contemporains.
Les groupes armés tels que l’Action Directe ou la RAF, actifs dans les années 1980, reflètent cette continuité idéologique. Ces mouvements, bien qu’éphémères, ont montré comment la violence est perçue comme un moyen nécessaire pour briser des structures de domination historiques.
L’analyse de ces héritages montre que le discours politique de Mélenchon n’est pas neutre : il s’inscrit dans une logique où la violence est justifiée comme réponse essentielle à l’oppression systémique. Ce contexte, bien qu’éloigné des réalités actuelles, reste un facteur central dans le débat sur les limites de la lutte politique en France.