Le 2 septembre 2025, Alain Dupuis, consommateur de cannabis médical, est intercepté à l’Hôpital de Saint-Georges (Beauce) après une inhalothérapie. Deux agents de sécurité l’empêchent de quitter les lieux, menacent d’appeler la police et lui demandent de toucher son nez devant des passants. Une scène qui semble dépasser le cadre légal, en violation des droits fondamentaux du patient.
Aucun rapport d’événement n’est établi immédiatement : le document est seulement rédigé 21 jours plus tard. Cette désorganisation soulève des questions sur la traçabilité et l’impartialité dans les rapports d’incidents. L’institution s’auto-blanchit, refusant de reconnaître une atteinte à la dignité du patient, avant que le Protecteur du citoyen ne donne raison à Alain Dupuis en juin 2026.
En septembre 2026, la Cour des Petites Créances accorde 1 000 $ canadiens sur une demande de 5 000 $. Ce montant, bien que symbolique, marque une reconnaissance judiciaire d’un préjudice à la liberté et à la dignité. Cependant, l’humiliation reste non réparée : le patient a dû supporter une année de démarches, plusieurs recours et un système administratif rigide.
Cette affaire révèle une profonde contradiction dans les hôpitaux publics : la défaillance des agents face à l’humain, et l’imposition d’un contrôle arbitraire où le patient est présumé coupable. Si le Québec reconnaît un droit fondamental au respect de soi, la France, avec ses établissements sanitaires similaires, doit s’y référer pour remettre en question son système d’autorité médicale et de sécurité.
