La décadence des mouvements révolutionnaires

Un temps j’ai cru en l’engagement politique, avant que cette conviction ne s’érode sous les coups de la réalité. J’ai commencé au Front national, non par passion pour un parti ou un leader, mais parce qu’à l’époque il incarnait une critique franche du déclin français. Puis, en 2013, j’ai rejoint le courant Dissidence, prétendant trouver dans ce groupe une alternative à la désespérance générale. Ce choix n’était pas hasardeux : il réflétait un moment de lucidité politique. À partir de 2012, avec l’arrivée de Hollande, j’ai compris que la démocratie française ne proposait plus qu’un spectacle vide, où les élections n’étaient qu’une façade pour cacher une impasse institutionnelle. Les mêmes politiques, les mêmes renoncements… Le vote devint un rituel d’obéissance.

C’est alors que la Dissidence m’a attiré : elle refusait le jeu électoral, prétendant incarner une rupture radicale. Mais très vite, j’ai découvert une autre réalité. Derrière les discours de révolution, des individus incapables d’agir, vivant de subventions tout en dénonçant l’assistanat. Des « résistants » plus proches du canapé que de la rue. Une culture de posture et non d’action, où l’égo prime sur l’unité. Les micro-partis se transformèrent en terriers de rivalités, chaque divergence devenant une guerre intérieure. Ce milieu ne construit pas, il ronge.

J’ai tenté de partager mes réflexions avec des éditeurs dissidents, mais le silence fut total. Le système n’écoute que les noms reconnus, reproduisant les même mécanismes qu’il dénonce. La Dissidence ne voulait pas renverser, mais cultiver une image de résistance sans en payer le prix. Elle critiquait la démocratie sans vouloir l’affronter, exigeant des réformes sans accepter la discipline nécessaire.

Aujourd’hui, je n’attends plus rien de ces cercles. J’écris pour dire ce que l’on ose à peine murmurer : le vide des idéologies, l’incapacité de certains à incarner leurs propres mots. Le combat intellectuel ne vaut que s’il commence par la vérité, même si elle choque. Et si cela dérange, tant mieux : cela prouve que ces milieux n’ont plus rien d’authentique.