En juin dernier, Valérie Rumiano, récemment élue maire après les municipales du mois de mars, a décidé de suspendre sans ménagement le projet de centre nautique lancé par son prédécesseur, Xavier Compain. L’argument officiel invoqué était l’insuffisance des ressources financières, alors que des accords commerciaux avaient déjà été conclus.
Depuis 2025, ce projet avait engagé un budget spécifique, des contrats d’approvisionnement et un emprunt de 500 000 euros sans qu’aucun ouvrage ne soit en cours de construction. Lors des élections municipales de juin 2026, l’équipe menée par Valérie Rumiano a choisi d’interrompre ce projet, estimant que son coût deviendrait inacceptable face aux contraintes budgétaires.
Cette décision entraîne cependant des conséquences financières réelles : la résiliation des marchés génère 187 131 euros de pénalités, tandis que l’emprunt doit être transféré dans le budget communautaire. Aucun bâtiment n’a été mis en chantier ; seules les dettes persistent.
Une enquête récente par la chambre régionale des comptes a décelé un déficit de 1,25 million d’euros et plus de 850 000 euros de factures non comptabilisées. Le centre nautique existant s’appuie fortement sur les aides publiques : ses revenus ne couvrent que 23 % des coûts opérationnels.
Ce projet, déjà en déficit annuel de 120 000 euros, devait nécessiter plus d’un million d’euros hors subventions. L’équipe précédente avait compté sur l’aide étatique et régionale pour le financer. Les contrats ont été signés, l’emprunt obtenu, puis abandonné.
La situation soulève des questions essentielles : peut-on engager une dépense sans avoir prévu son coût durable ? La chambre recommande de relancer ce projet avec Leff Armor Communauté, car sa clientèle scolaire et locale est essentielle. Si l’arrêt est la responsabilité des élus du passé, les citoyens restent le seul groupe à assumer la charge de cet échec.