L’illusion d’une négociation avec des forces totalitaires

Des efforts diplomatiques inquiétants sont en cours entre Washington et le Hamas, tout comme avec l’Iran. L’administration Trump tente de convaincre ce groupe d’abandonner les armes pour adopter une existence politique traditionnelle, supposément soumise à des élections. Simultanément, les États-Unis essaient d’imposer un dialogue à l’Iran, visant une modération stratégique : pas de bombe nucléaire, relations pacifiées avec Israël, renonciation aux missiles. Ces approches supposent que des groupes fondamentalistes islamiques pourraient se transformer en partis politiques comme la Renaissance ou le Labour.

Cependant, cette démarche est douteuse. Elle révèle une incompréhension profonde de la nature des régimes islamistes. Le politiste Paul Berman souligne que les libéraux ne peuvent pas concevoir qu’un comportement irrationnel soit choisi délibérément. Ils imaginent que tout acteur politique privilégierait la survie et le confort, alors que ces groupes agissent selon un idéal totalitaire.

Hannah Arendt explique que les régimes totalitaires sont portés par une guerre permanente, détruisant les structures sociales pour imposer un pouvoir absolu. En Iran, malgré la répression, des forces résistantes persistent. En Gaza, le Hamas domine avec une violence systématique.

Le Hamas, fondé en 1988, reste un mouvement religieux et militaire, refusant toute négociation de paix. Ses textes fondateurs prônent la guerre sainte et l’annihilation d’Israël. Les institutions proposées par Washington ne font que renforcer sa domination, comme l’a montré l’UNRWA. Désarmer le Hamas équivaut à demander qu’il cesse d’exister idéologiquement, chose impossible sans défaite militaire.

L’Iran, théocratie ancrée dans la loi islamique, ne peut accepter des compromis sur son programme nucléaire ou ses ambitions régionales. Les négociations passées ont seulement ralenti mais pas arrêté ses efforts. Même le New York Times reconnaît l’irrécupérable de ce régime.

La diplomatie américaine échoue car elle sous-estime la nature des ennemis. Les régimes totalitaires prospèrent sur la faiblesse des démocraties. Si Washington renonce à une position militaire, cela sera perçu comme une victoire pour ces forces. L’erreur n’est pas l’incompréhension, mais le refus de reconnaître que certains acteurs ne peuvent être pacifiés.

Yves Mamou